Pour inaugurer la nouvelle parure de mon blog, je me suis dit que présenter un petit tutoriel de photo numérique de temps en temps pouvait être intéressant.
L'un des mystères de la photo numérique réside dans la photo de nuit par faible luminosité.
Lorsque l'on prend une photo de nuit, il faut posséder au minimum un trépied, si possible le plus léger et le plus compact possible. Le mien est en aluminium et tient replié dans un sac à dos, ce qui peut s'avérer utile pour aller par exemple dans le métro ou pour marcher.
Il faut penser à quelques notions, et oublier d'office les réglages automatiques de l'appareil (en position Auto).
Le réglage automatique donne une photo de ce genre :

L'appareil a sélectionné automatiquement une sensibilité à 320 ISO selon la lumière de l'environnement.
Ce réglage ISO est en fait tout droit sorti de l'époque où l'on utilisait une pellicule argentique (je blague, hein). Plus la pellicule est sensible, plus le chiffre augmente. Une pellicule pour extérieur en beau temps est de 100 ISO, pour ciel nuageux de 400 ISO, et pour les poses de nuit, de 1000 à 4000 ISO.
Problème, le numérique n'a pas de pellicule, et si on lui inflige trop de sensibilité, il va générer un bruit résiduel infernal, des petits points de couleurs rendant la photo moche et inexploitable.
La photographie, c'est un subtil équilibre entre la sensibilité de la pellicule et deux notions qui sont intimement liées, la vitesse d'obturation d'une part, et l'ouverture du diaphragme d'autre part.
La première valeur se mesure en temps (en centièmes, dixièmes de secondes et en secondes).
La deuxième d'xprime en un chiffre noté F (ouverture focale). Plus ce chiffre est important, et plus le diaphragme est fermé. Par exemple, une F2.8 correspond à un diaphragme très ouvert, une F8.0 très fermé.
Automatiquement, mon appareil a choisi une vitesse d'obturation de 1/8ème de seconde pour une focale de F3.5. Cela donne la photo sous-exposée que l'on vient de voir.
La plupart des appareils numériques choisissent, la nuit, de mettre le flash en action, surtout si le flash est en mode auto. Cela permet une vitesse d'obturation plus rapide, et donc un risque de bougé moindre. Ceci est efficace dans des conditions habituelles, pour prendre sa fiancée au clair de lune par exemple, si on aime qu'elle soit pâle comme la mort avec des yeux de lapin russe.
Je suis un ennemi du flash, sauf en plein jour pour éviter les contre-jours.
Pour un paysage nocturne, le flash ne sert donc évidemment à rien, puisque son très maigre rayon d'action ne peut atteindre la ligne d'horizon. Pire, s'il y a des sujets à proximité (des plantes, des gens, etc...) ceux-ci vont être pâles et le fond d'autant plus sous-exposé.
Bref, mon appareil donne ceci avec le flash en mode tout automatique :

La photo est complètement sous-exposée, ce qui est logique pour les raisons décrites plus haut.
Il faut s'aventurer en mode manuel (M) pour faire de la bonne photo de nuit.
Première chose à faire, régler la sensibilité au minimum, par exemple 80 ISO, comme dans tous les exemples qui suivent, afin d'éviter le bruit.
Deuxième chose, utiliser un trépied parce que les temps d'exposition vont être long, et qu'il ne faut pas bouger du tout sous peine d'obtenir un filé qu'on ne veut pas.
Dans le même ordre d'idées, il ne faut pas appuyer directement sur le bouton de prise de vue, car cela fait bouger l'appareil. Il faut soit utiliser une télécommande, soit plus facilement utiliser le retardateur de l'appareil.
Personnellement, je règle l'appareil suivant l'effet que je veux obtenir, et c'est l'ouverture focale qui va déterminer la vitesse d'obturation. Plus le diaphragme est ouvert (petite valeur F), plus le temps nécessaire à la pose va être court.
On peut aussi utiliser les modes S ou P de l'appareil, qui règle dans un cas l'ouverture selon la vitesse, et dans l'autre la vitesse selon l'ouverture (pour les appareils qui disposent d'un champ de réglage du type 'SPAM'). Mais je préfère le mode manuel, plus guilleret pour faire des essais ;-)
Voici quelques exemples avec le diaphragme le plus ouvert possible : F3.5 avec un léger zoom, pour un temps d'exposition de 2 secondes.

Même ouverture pour un temps d'exposition de 7 secondes :

Cette photo est très proches de ce que voit l'oeil humain, quoique plus exposée avec des couleurs un peu (trop) outrées.
Si on va à fond, 30 secondes avec une F3.5 :

Là, la photo est vraiment très surexposée. Intéressant pour prendre des scènes éclairées aux bougies, à la Vermeer par exemple.
Je ne suis pas un adepte des diaphragmes très ouverts, je préfère une utilisation moyenne, par exemple F5.0. Voici ce que ça donne pour une seconde, cinq secondes et vingt secondes d'exposition :



Cette dernière image est très très proche du réel, mais les couleurs en sont juste un peu outrées. Cela dépend de l'appareil, le mien tire vers le rouge dans ces conditions d'utilisation. Il est possible de redresser la barre avec un logiciel de retouche d'images.
Avec un diaphragme très fermé, les temps d'exposition sont plus longs. Le résultat est différent, je trouve plus net et plus propre. Par contre, on constate un halo en étoiles autour de certains points lumineux, ce qui est normal et ce qui peut être un effet recherché... ou non.
Ce type de prise de vue favorise les filés dans certaines conditions, comme le mouvement des phares, des étoiles, des avions dans le ciel...
Voici trois photos à F8.0, de 3, 10 et 30 secondes d'exposition :



Ce réglage de focale et de vitesse d'obturation dépend entièrement de la photo que l'on cherche à obtenir.
Voici deux photos de ciel prises en F8.0 avec une vitesse d'expo de 10 et 30 secondes. Veut-on obtenir un ciel réaliste, ou un ciel onirique ?...


Avec un peu d'expérience, il devient relativement aisé d'obtenir, avec un appareil numérique, des photos nocturnes qui font plaisir, ce qui reste de toute manière le plus important !
Si on veut complexifier les réglages, on peut aussi jouer sur la balance des blancs. Ce sera l'objet d'un tutoriel ultérieur.
Sur cette dernière photo, la ligne pointillée dans le ciel représente le parcours d'un hélicoptère avec ses gyrophares. ISO 80, 5 secondes pour F4.0.
Bonnes photos ! :-)
L'un des mystères de la photo numérique réside dans la photo de nuit par faible luminosité.
Lorsque l'on prend une photo de nuit, il faut posséder au minimum un trépied, si possible le plus léger et le plus compact possible. Le mien est en aluminium et tient replié dans un sac à dos, ce qui peut s'avérer utile pour aller par exemple dans le métro ou pour marcher.
Il faut penser à quelques notions, et oublier d'office les réglages automatiques de l'appareil (en position Auto).
Le réglage automatique donne une photo de ce genre :

L'appareil a sélectionné automatiquement une sensibilité à 320 ISO selon la lumière de l'environnement.
Ce réglage ISO est en fait tout droit sorti de l'époque où l'on utilisait une pellicule argentique (je blague, hein). Plus la pellicule est sensible, plus le chiffre augmente. Une pellicule pour extérieur en beau temps est de 100 ISO, pour ciel nuageux de 400 ISO, et pour les poses de nuit, de 1000 à 4000 ISO.
Problème, le numérique n'a pas de pellicule, et si on lui inflige trop de sensibilité, il va générer un bruit résiduel infernal, des petits points de couleurs rendant la photo moche et inexploitable.
La photographie, c'est un subtil équilibre entre la sensibilité de la pellicule et deux notions qui sont intimement liées, la vitesse d'obturation d'une part, et l'ouverture du diaphragme d'autre part.
La première valeur se mesure en temps (en centièmes, dixièmes de secondes et en secondes).
La deuxième d'xprime en un chiffre noté F (ouverture focale). Plus ce chiffre est important, et plus le diaphragme est fermé. Par exemple, une F2.8 correspond à un diaphragme très ouvert, une F8.0 très fermé.
Automatiquement, mon appareil a choisi une vitesse d'obturation de 1/8ème de seconde pour une focale de F3.5. Cela donne la photo sous-exposée que l'on vient de voir.
La plupart des appareils numériques choisissent, la nuit, de mettre le flash en action, surtout si le flash est en mode auto. Cela permet une vitesse d'obturation plus rapide, et donc un risque de bougé moindre. Ceci est efficace dans des conditions habituelles, pour prendre sa fiancée au clair de lune par exemple, si on aime qu'elle soit pâle comme la mort avec des yeux de lapin russe.
Je suis un ennemi du flash, sauf en plein jour pour éviter les contre-jours.
Pour un paysage nocturne, le flash ne sert donc évidemment à rien, puisque son très maigre rayon d'action ne peut atteindre la ligne d'horizon. Pire, s'il y a des sujets à proximité (des plantes, des gens, etc...) ceux-ci vont être pâles et le fond d'autant plus sous-exposé.
Bref, mon appareil donne ceci avec le flash en mode tout automatique :

La photo est complètement sous-exposée, ce qui est logique pour les raisons décrites plus haut.
Il faut s'aventurer en mode manuel (M) pour faire de la bonne photo de nuit.
Première chose à faire, régler la sensibilité au minimum, par exemple 80 ISO, comme dans tous les exemples qui suivent, afin d'éviter le bruit.
Deuxième chose, utiliser un trépied parce que les temps d'exposition vont être long, et qu'il ne faut pas bouger du tout sous peine d'obtenir un filé qu'on ne veut pas.
Dans le même ordre d'idées, il ne faut pas appuyer directement sur le bouton de prise de vue, car cela fait bouger l'appareil. Il faut soit utiliser une télécommande, soit plus facilement utiliser le retardateur de l'appareil.
Personnellement, je règle l'appareil suivant l'effet que je veux obtenir, et c'est l'ouverture focale qui va déterminer la vitesse d'obturation. Plus le diaphragme est ouvert (petite valeur F), plus le temps nécessaire à la pose va être court.
On peut aussi utiliser les modes S ou P de l'appareil, qui règle dans un cas l'ouverture selon la vitesse, et dans l'autre la vitesse selon l'ouverture (pour les appareils qui disposent d'un champ de réglage du type 'SPAM'). Mais je préfère le mode manuel, plus guilleret pour faire des essais ;-)
Voici quelques exemples avec le diaphragme le plus ouvert possible : F3.5 avec un léger zoom, pour un temps d'exposition de 2 secondes.

Même ouverture pour un temps d'exposition de 7 secondes :

Cette photo est très proches de ce que voit l'oeil humain, quoique plus exposée avec des couleurs un peu (trop) outrées.
Si on va à fond, 30 secondes avec une F3.5 :

Là, la photo est vraiment très surexposée. Intéressant pour prendre des scènes éclairées aux bougies, à la Vermeer par exemple.
Je ne suis pas un adepte des diaphragmes très ouverts, je préfère une utilisation moyenne, par exemple F5.0. Voici ce que ça donne pour une seconde, cinq secondes et vingt secondes d'exposition :



Cette dernière image est très très proche du réel, mais les couleurs en sont juste un peu outrées. Cela dépend de l'appareil, le mien tire vers le rouge dans ces conditions d'utilisation. Il est possible de redresser la barre avec un logiciel de retouche d'images.
Avec un diaphragme très fermé, les temps d'exposition sont plus longs. Le résultat est différent, je trouve plus net et plus propre. Par contre, on constate un halo en étoiles autour de certains points lumineux, ce qui est normal et ce qui peut être un effet recherché... ou non.
Ce type de prise de vue favorise les filés dans certaines conditions, comme le mouvement des phares, des étoiles, des avions dans le ciel...
Voici trois photos à F8.0, de 3, 10 et 30 secondes d'exposition :



Ce réglage de focale et de vitesse d'obturation dépend entièrement de la photo que l'on cherche à obtenir.
Voici deux photos de ciel prises en F8.0 avec une vitesse d'expo de 10 et 30 secondes. Veut-on obtenir un ciel réaliste, ou un ciel onirique ?...


Avec un peu d'expérience, il devient relativement aisé d'obtenir, avec un appareil numérique, des photos nocturnes qui font plaisir, ce qui reste de toute manière le plus important !
Si on veut complexifier les réglages, on peut aussi jouer sur la balance des blancs. Ce sera l'objet d'un tutoriel ultérieur.
Sur cette dernière photo, la ligne pointillée dans le ciel représente le parcours d'un hélicoptère avec ses gyrophares. ISO 80, 5 secondes pour F4.0.
Bonnes photos ! :-)
par MyNight
publié dans :
Tutoriels photo numérique
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Paris
